Moins de conducteurs canadiens déclarent la conduite au-delà de la limite légale, mais la prise de risque reste préoccupante malgré des volumes de trafic moins élevés

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Ottawa, ON 17 décembre, 2020 – La Fondation de recherche sur les blessures de la route (FRBR) annonce la publication d’une nouvelle fiche d’information intitulée : Sondage sur la sécurité routière 2020 : L’alcool au volant au Canada, qui révèle un déclin des cas de conduite en état d’ivresse signalés par les conducteurs. Le Sondage sur la sécurité routière (SSR) est un sondage annuel de l’opinion publique mené par la FRBR en partenariat avec Bière Canada et Desjardins. Ce rapport comprend également des informations concernant les collisions, provenant de la Base de données nationale sur les collisions mortelles de la FRBR. Le document fait état de progrès importants accomplis au Canada dans la lutte contre l’alcool au volant, comme en témoignent les tendances récentes du nombre de personnes décédées dans des collisions impliquant un conducteur en état d’ébriété, ainsi que le pourcentage du total de décès sur la route attribués à la conduite en état d’ébriété.

En 2020, les données du sondage indiquent que 7,5 % des conducteurs canadiens ont admis avoir conduit en estimant avoir dépassé la limite légale au cours des 12 mois précédents, contre 8,6 % en 2019, soit une baisse de 12,8 %. Toutefois, si moins de Canadiens signalent avoir eu ce comportement en 2020, il reste à savoir si cette diminution résulte d’une baisse du volume de trafic liée à l’épidémie de COVID-19, ou si ce phénomène est l’amorce d’une tendance générale de diminution de l’alcool au volant. Il est notamment préoccupant de constater que le pourcentage de conducteurs admettant ce comportement reste parmi les plus élevés depuis 2004.

Les données recueillies au Canada et dans d’autres pays révèlent que la pandémie de COVID-19 a eu une certaine incidence sur les comportements des conducteurs. Le SSR montre en particulier que 2,4 % des conducteurs titulaires au Canada, soit 637 993 personnes, ont admis avoir été davantage susceptibles de conduire dans les deux heures suivant la consommation d’alcool au cours de la période de pandémie. En revanche, la plupart des répondants (75,4 %) indiquent n’avoir été ni plus ni moins susceptibles d’adopter un tel comportement. « Il est encourageant de constater que 22,2 % des répondants ont indiqué qu’ils étaient moins susceptibles de conduire dans les deux heures qui suivent la consommation d’alcool durant la pandémie », souligne la chercheuse scientifique Heather Woods-Fry. « Il n’en reste pas moins préoccupant que, parmi les gens qui déclaraient précédemment avoir conduit en état d’ébriété, bon nombre n’ont pas modifié leur comportement ».

Le rôle de l’alcool dans les collisions mortelles demeure une priorité absolue en matière de sécurité routière et ce, malgré les données montrant une baisse de 57 % du nombre de Canadiens décédés dans les collisions impliquant un conducteur en état d’ébriété entre 1996 et 2017. Un examen des tendances montre deux augmentations consécutives de ce nombre en 2015 et 2016, puis une chute de 13,5 % en 2017, avec 460 cas. Ainsi, bien que le pourcentage de Canadiens qui déclarent avoir conduit en estimant être au-dessus de la limite légale ait régressé en 2020, il est nécessaire de disposer de données plus complètes pour déterminer s’il s’agit réellement là du début d’une tendance à la baisse.

« La pandémie de COVID-19 a eu un impact significatif sur le choix des lieux de consommation d’alcool des Canadiens. Les résultats montrent que 29,9 % des répondants ont déclaré avoir consommé de l’alcool le plus souvent chez eux en 2020, ce qui représente une augmentation significative par rapport aux 21,9 % qui le déclaraient les années précédentes », précise Ward Vanlaar, directeur des opérations de la FRBR. « Il reste à voir si cette augmentation représente un changement général de comportement ou si elle est uniquement due à la pandémie », ajoute-t-il. On constate par ailleurs une baisse significative du nombre de personnes déclarant avoir bu dans un bar (11,9 %) et dans un restaurant (12,9 %) en 2020, contre respectivement 17,7 % et 16,8 % en moyenne pour ces comportements entre 2017 et 2019.

Bien que l’ampleur totale des effets de la COVID-19 sur la sécurité routière en général, et sur la conduite sous l’emprise de l’alcool en particulier, reste inconnue, ces données suggèrent que certains comportements liés à l’alcool au volant ont changé en conséquence, et il importe de comprendre quels facteurs ont contribué à cette évolution. La réduction des signalements de ce comportement dangereux est un aspect positif, mais on ne saurait dire avec exactitude quelle population de conducteurs a réellement augmenté sa prise de risque. Il se pourrait en effet qu’il ne s’agisse pas des mêmes conducteurs que ceux qui avaient déclaré ce comportement avant la pandémie. Or, la réponse à cette question est appelée à influer grandement sur les messages de prévention à long terme. En outre, la nouvelle normalité nécessite que les stratégies de prévention et de contrôle visant à réduire la conduite sous l’emprise de l’alcool soient adaptées en conséquence.

Pour télécharger les fiches d’information en français et en anglais :

À propos de ce sondage :
Ces résultats sont fondés sur le SSR, un sondage annuel de l’opinion publique mis au point et réalisé par la FRBR. Au total, 1 500 Canadiens ont répondu au sondage en septembre 2020. Les résultats peuvent être considérés comme précis à plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20. La majorité des questions ont été notées sur une échelle de 1 à 6, où 6 représente un accord, une préoccupation ou un soutien élevé(e), et 1 indique un accord, une préoccupation ou un soutien faible.

À propos de la Fondation de recherche sur les blessures de la route :
La mission de la Fondation de recherche sur les blessures de la route (FRBR) est de réduire le nombre de décès et de blessures de la route. Indépendante et sans but lucratif, la FRBR est un institut de recherche national sur la sécurité routière. Créée en 1964, elle s’est bâti une renommée internationale grâce à sa grande variété d’études sur les différentes causes des collisions de la route et aux programmes et politiques qu’elle a conçus pour y remédier.

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